Quand sont-ils partis ? Aux premières neiges ? Quand les arbres sur les plateaux sont, comme les hommes, gelés d'un côté, poussés par le vent froid de l'autre ?
Nous avons marché par tous les temps, tous les jours, nous sommes rentrés au coin d'un feu parfois, pétris de froid, les poches et les sacs remplis de fruits glanés, tantôt secs, tantôts juteux, comme des condensés, des pastilles d'été dans le début de l'hiver. Châtaignes, noix, pommes, poires, variétés perdues abandonnées à la récolte des oiseaux de passage... Nous nous sommes roulés dans ces prés chargés de ces fortunes insespérées de l'automne pour mieux les savourer et pour remercier la terre et les hommes de parfois si bien s'accorder.
Nous avons couru, nous nous sommes allongés sur ces talus à l'abri sur les crètes, entre Ardèche et Velay, entre vallée du Rhône et Mézenc, pour profiter du temps de midi, quand le soleil caresse de part en part le dos des montagnes.
Nous avons affronté notre peur des clôtures.
Une pensée pour ceux qui sont partis avant le gros de l'hiver, peut-être dans une période comme celle que nous connaissons aujourd'hui, sans autre force motrice qu'eux-mêmes, allés louer leur bras loin du monde, des leurs, en des pays inconnus, prendre à rebours la marche des saisons.
samedi 21 novembre 2009
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